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Le blog politique de Thomas JOLY

Rokhaya Diallo déplore la visibilité des couleurs de peau (par Caroline Artus)

15 Mai 2015, 18:48pm

Publié par Thomas Joly

Selon Rokhaya Diallo, née en France de parents sénégalais et gambien, et devenue journaliste par militantisme, « dans l’inconscient collectif français, les gens qui ne sont pas blancs viennent d’un autre pays ». Et de donner l’exemple des « personnes noires, arabes ou asiatiques » qui « déplorent le fait qu’elles sont toujours questionnées sur une provenance, elles sont perçues comme des gens qui viendraient d’ailleurs et qui ne seraient pas possiblement français ».

Par exemple ! S’enquérir des origines d’évidence extra-hexagonales de personnes vivant dans une France encore majoritairement blanche, quel manque de savoir-vivre, hein ! Surtout, alors qu’on nous vante le multiculturalisme et qu’on nous répète à tout bout de champ l’enrichissement par les différences, est-ce bien normal pour une madame Diallo de se vexer si nous avons l’audace de les remarquer chez elle ? En somme, si nous la rencontrons, nous sommes donc priés de ne pas remarquer sa couleur. Exit, donc, la curiosité à son endroit, l’ouverture d’esprit face à une culture venue d’ailleurs, et… bonjour le repli sur soi !

Poursuivons le raisonnement de Mme Diallo : dans l’inconscient collectif africain, les gens qui ne sont pas noirs viendraient d’un autre pays. Incroyable, non ? Idem pour l’inconscient collectif chinois : les gens n’ayant pas les yeux bridés ne seraient pas chinois. Renversant !

Un conseil pour la militante féministe : elle devrait séjourner à La Réunion, elle en prendrait (peut-être) de la graine. Ici, c’est très consciemment que les Réunionnais ne se trompent jamais en voyant un Zoreil. À qui il ne viendrait pas à l’esprit de s’offusquer de ne pas être assimilé à un créole, même blanc. À La Réunion, il s’avère même très impoli de ne pas se montrer curieux à l’égard de son prochain.

En outre, Rokhaya Diallo devrait pourtant être fière de l’histoire du pays où elle est née. La fin de l’esclavage ? C’est grâce à l’abolitionniste français Victor Schoelcher qu’elle a vu le jour. Ce Français qui, à sa mort, donnera tout ce qu’il possédait au conseil général de la Guadeloupe. Un musée Schoelcher qui doit dorénavant faire pâle figure à côté du Mémorial ACTe à 83 millions d’euros.

Mais la Française n’en est pas à une sornette près. En effet, après avoir déploré la visibilité des couleurs, elle déplore de vivre dans une « mythologie républicaine selon laquelle il n’y aurait pas de couleur, l’universalisme républicain [qui] donnerait des citoyens français au-delà de leur couleur de peau ». Même que, pour la dame, « être aveugle aux couleurs de peau, ça rend aveugle aux conséquences, à savoir au racisme et aux discriminations […] » Il faudrait savoir ! La remarquer ou ne pas la remarquer, la couleur de peau (et peut-être aussi un accent), témoin des origines ? Ou la remarquer tout en ne la remarquant pas ? C’est ça, le truc ? Bienvenue dans le « vivre ensemble » !

« Je trouve qu’il y a une parfaite cohérence dans mes engagements », confie-t-elle à Paris Match. De cohérence, il en ressort une : les sentiments parfaitement ambivalents de la Française d’origine africaine madame Diallo à l’égard de sa couleur de peau autant que ceux à l’égard de ses compatriotes d’origine française. « Je crois que l’assimilation est un mythe », conclut-elle. La concernant, pour nous aussi.

Source : www.bvoltaire.fr

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