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Le blog politique de Thomas JOLY

Gauche mutante : après les X-Men, les Rebsamen ! (par Nicolas Gauthier)

27 Mai 2015, 05:02am

Publié par Thomas Joly

Le dialogue, qu’il soit amical ou social, demeure fondé sur des personnes ayant envie de se parler et qui, d’ailleurs, se parlent sans qu’on ait à les y obliger. Avec la prochaine loi du ministre du Travail, François Rebsamen, relative au dialogue social et qui passait hier son oral à l’Assemblée nationale, ce même dialogue devrait être rendu « obligatoire ». Ce qui peut éventuellement ôter toute envie de causer.

Bon, dans les multinationales, on peut encore comprendre. Les cadres y sont pressurés jusqu’au trognon, y sont généralement tenus pour grabataires dès la quarantaine passée, pour être le plus souvent mis à la porte dix ans plus tard. Là, le dialogue, c’est dévolu au seul directeur des ressources humaines – quel joli vocable, comme si l’être humain était une ressource comparable à un gisement de pétrole – et juste payé pour parer au plus pressé : soit éviter un taux de dépression et de suicides qui pourrait nuire à l’image d’entreprises forcément « citoyennes » et engagées dans « le développement durable et responsable ». Passons.

En revanche, c’est dans les petites entreprises que ça coince. Ainsi, Le Figaro d’hier : « Quatre mois après l’échec des négociations entre patronat et syndicats sur le dialogue social, les petits patrons voient avec inquiétude arriver le projet de loi Rebsamen sur le sujet. […] Alors que le texte instaure une représentation pour les salariés des très petites entreprises (TPE), à travers des “commissions paritaires régionales interprofessionnelles”, les petits patrons craignent une remise en cause du dialogue direct entre le chef d’entreprise et ses salariés. […] Une ingérence insupportable, dénonce un chef d’entreprise. »

 

Au cœur du débat, le fameux « compte de pénibilité », instauré sous François Hollande et censé abaisser l’âge du départ à la retraite ; soit cette soixantaine bien sonnée qui a vu tant de travailleurs mis au chômage dès la cinquantaine passée. Alors, cette « pénibilité » ? Certes, il y a des métiers « pénibles » : mineurs, marins, déménageurs, carreleurs. Là, quand on a la chance d’arriver à la retraite, c’est généralement avec les poumons fatigués, le dos brisé, les cartilages fatigués. Pour d’autres, cette « pénibilité » peut être toute relative, surtout lorsque bossant dans une petite boîte avec des patrons sympas – Boulevard Voltaire, par exemple.

Car dans ces petites sociétés dont François Rebsamen ignore manifestement tout, il existe un bête détail consistant en rapports humains, qu’ils puissent être délicieux ou détestables. Comme quoi, dans les grandes écoles, on apprend tout, hormis la vie.

Pour le reste, le même François Rebsamen, dont on est en droit de se demander s’il a passé un seul jour de sa vie dans l’univers – certes parfois cruel – de l’entreprise, continue de professer un inextinguible optimisme, dans Le Monde d’hier : « Il reste encore deux ans pour que les Français prennent conscience que François Hollande est un grand président. » Là, il nous prend pour des andouilles.

Mais lorsqu’il ajoute : « Il est important que François Hollande raconte l’histoire de son quinquennat, depuis le discours du Bourget [celui dans lequel il dénonçait le monde de la finance comme son ennemi premier, NDLR] qu’il faut relire, jusqu’à aujourd’hui et les bons indicateurs économiques. Il est le mieux placé pour le faire. » Là, pour le coup, il doit penser que nous sommes tous comme la lune.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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