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Le blog politique de Thomas JOLY

INA : Agnès Saal et Joe le taxi (par Marie Delarue)

30 Avril 2015, 09:17am

Publié par Thomas Joly

Mardi soir, la directrice de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) a été brutalement démissionnée par notre ministre de la Culture Fleur Pellerin. La raison : le scandale qui, depuis dimanche soir, s’est ajouté à la liste des affaires qui mettent le projecteur sur les liens glauques entre l’audiovisuel public et l’État.

En quelques semaines, c’est la troisième affaire. Après la vente extrêmement louche de la fréquence de chaîne Numéro 23 et la saga Mathieu Gallet à Radio France, c’est Agnès Saal qui déclenche les ricanements plus qu’agacés du public et des médias. C’est que la dame, en 10 mois de mandat à la tête de cette entreprise publique, a dépensé pour 41.000 euros de taxi. Entre autres choses, sans doute, mais pour l’heure, c’est tout ce qu’on sait et c’est déjà pas mal.

Comme dans quelques affaires qui ont nourri la rumeur ces derniers mois (CGT, etc.), c’est parti d’un courrier anonyme émanant certainement de subalternes écœurés. À la veille d’une réunion des instances dirigeantes, une lettre a été adressée aux administrateurs qui disait : « Plusieurs salariés souhaitent vous alerter d’un grave dysfonctionnement au sein de cette entreprise en vous communiquant des éléments pouvant relever d’abus de biens sociaux. » L’accompagnait un rapport de 68 pages détaillant les dépenses « taxivores » de la patronne, et même des factures détaillées révélant des phénomènes… paranormaux. En effet, comme l’écrit Challenges, « un étonnant don d’ubiquité permettait ainsi à la présidente de l’INA de voyager dans… deux taxis à la fois ».

L’affaire étant révélée dimanche, l’intéressée s’est défendue : « En tant que PDG de l’INA, j’ai une voiture de service avec chauffeur à disposition. Mais, comme je ne peux pas le faire travailler douze à quinze heures par jour ni les week-ends, j’ai également un abonnement aux taxis G7, car je n’ai pas de permis de conduire. Ce dispositif avait déjà existé avant mon arrivée et je l’ai repris. » Repris et augmenté, et même élargi à la famille puisqu’on relève 6.700 euros pour le compte de son fils.

Mais il faut la comprendre, aussi : Agnès Saal a passé sa vie dans la grande distribution.

Passée par l’ENA – promotion « Solidarité », ça ne s’invente pas -, elle a entrepris un joli parcours au ministère de la Culture, est devenue la directrice administrative et financière du CNC (la machine à banquer les films irregardables, la fameuse avance sur des recettes qui ne rentreront jamais), puis elle est retournée veiller à la distribution des subventions culturelles dans les gouvernements Jospin. Après quoi, direction la BNF et le Centre Pompidou avant que sa copine Aurélie Filippetti ne la catapulte « présidente de la commission d’aide sélective à la distribution du Centre national du cinéma et de l’image animée ». Elle espérait mieux : devenir « dir cab ». Elle aura son lot de consolation en avril 2014 : présidente de l’INA. Et là, vous allez rigoler, elle déclare : « En arrivant, j’ai prévenu les équipes que je suis janséniste, et que les séminaires dans les châteaux, les grands restaurants… ne sont pas mon “truc”. » Tout ça pour faire la nique à son prédécesseur Mathieu Gallet, qu’elle ne peut pas encadrer… C’est bête, hein ?

Bref, dans le petit commerce, Agnès Saal connaît le cinéma et la chanson. Un reste des souks, une mémoire génétique de marchand de tapis venue de sa Tunisie natale, peut-être.

Fleur Pellerin l’a donc démissionnée mardi soir : « Prends tes affaires, tire-toi et tâche de te faire oublier un moment. » Oh, pas d’inquiétude pour madame Saal : on va nous la recaser vite fait dans une haute planque ministérielle, la faire rentrer gentiment par la fenêtre là où elle est sortie par la porte.

Il paraît qu’elle a fait des chèques pour rembourser ses taxis et ceux de son fils. Il paraît aussi qu’on l’a virée dare-dare par crainte qu’une enquête ne mette au jour d’autres farces « jansénistes »… Et si l’on regardait les comptes de ses précédents postes ?

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Sylvestre Brunaud 30/04/2015 11:33

Maintenant d'avoir du temps libre cette dame ,nous allons faire une quête pour qu'elle puisse passé son permis de conduire ..Et bien sur si un corbeaux se pencher pas sur l'affaire cela aurait duré encore longtemps et son fils en a bien profité aussi sur le dos du contribuable comme le petit retraité sans avoir aucune augmentation sur le pouvoir de la vie et encore qui paie ses impôts et ses gens pavoisent sans aucune indignité ..EH BIEN C'EST UNE HONTE ...