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Le blog politique de Thomas JOLY

Banalisation de l’IVG : pendant que je vais me faire avorter, va donc faire les courses ! (par Marie Delarue)

10 Avril 2015, 05:07am

Publié par Thomas Joly

Après avoir, en 2013, supprimé la notion de « détresse » contenue dans la loi Veil, nos députés s’apprêtent à voter la suppression du délai de réflexion de sept jours imposé jusqu’ici aux femmes avant la pratique d’un avortement. [...]

Il faut dire que les chiffres, d’une stabilité qui ne semble perturber personne, se situent toujours autour de 210.000 avortements par an. Une constante, bien que 91 % des femmes de 15 à 49 ans déclarent employer une méthode contraceptive. Pas toujours efficace, la preuve : 33 % des Françaises ont eu recours à l’IVG une fois ou plus dans leur vie, 4 % trois fois ou plus. C’est à ces dernières, sans doute, qu’il faut rendre la chose plus facile en leur évitant de devoir y réfléchir. On notera, au passage, que ces dernières, au-delà de toute question morale, se mettent en grand danger physique (stérilité, cancer, etc.), mais il paraît moins urgent à notre ministre de les en informer !

En 40 ans, l’IVG est devenue « un droit » bien plus qu’un recours et cette dernière mesure vise de toute évidence à en faire une pratique totalement banale. Pour preuve les commentaires ahurissants faits par les divers intervenants, de la porte-parole d’Osez le féminisme qui déclare que « les femmes qui décident d’avorter savent ce qu’elles font. Ce délai qu’on leur imposait était infantilisant » à celle du Planning familial qui s’emporte sur France Inter : « Quand on va se faire opérer d’un cancer de la prostate, on ne demande pas un délai de réflexion. » Autrement dit, un enfant est assimilable à une tumeur. CQFD.

Interrogée par Le Figaro, une psychanalyste spécialisée dans ces questions (elle a travaillé 25 ans dans un centre de planification et d’éducation familiale) souligne : « En proposant de supprimer la semaine de réflexion, on veut donner l’impression que l’IVG est un acte banal. Mais une grossesse – qu’elle soit interrompue ou menée à terme – est toujours un temps particulier qui marque la femme dans ce qu’elle est, ce qu’elle vit. […] Le principe de cette semaine de réflexion n’est pas de les faire changer d’avis ou de les faire attendre mais de marquer une temporalité psychique dans cette décision. Choisir de pratiquer une IVG, c’est une décision qui a des répercussions. »

Elle ajoute : « La grossesse, comme l’IVG, s’est technicisée. Les femmes ont tendance à être réduites à des incubateurs. Soumises à des examens médicaux pointus, elles voient leur espace d’expression émotionnel se réduire. On est en train de voler aux femmes leur vie psychique. » Avec leur (presque) totale complicité.

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