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Le blog politique de Thomas JOLY

Nicolas Sarkozy : « Moi président, je ferai du pognon ! » (par Marie Delarue)

6 Février 2015, 06:53am

Publié par Thomas Joly

C’était lundi. Au lendemain de la déconfiture de l’UMP, éliminée au premier tour, la France politico-médiatique avait les yeux rivés sur la IVe circonscription du Doubs : le duel des candidats FN et PS serait une préfiguration du chaos existentiel qui bouleversera la France en 2017.

Les Bisontins n’ont pas de ces angoisses. Ils voteront en leur âme et conscience. Ou pas. À l’UMP, en revanche, c’est concours de pectoraux et bataille de consignes. Mais il faudra attendre mardi et l’interminable réunion du Bureau politique pour que sorte un communiqué mi-chèvre mi-chou rédigé à l’eau tiède… et l’étalage du gloubi-boulga sarkozien. Un sous-chef qui ne tient pas ses troupes et qui sort – vues de son camp – des énormités que personne; d’ailleurs; ne relève. Ainsi a-t-il averti : « Une victoire du FN au plan national n’est plus hypothétique. » Ce qui signifie stricto sensu qu’il la tient pour certaine ! Vas-y, Marine, tu tiens le pompon.

Mais il faut lui pardonner. C’est qu’il n’était pas dans son assiette, notre Nicolas, victime d’un méchant jetlag. Fatigué par son aller-retour lundi à Abu Dhabi « pour une conférence très privée… et surtout très rémunérée », nous apprend Marianne. À l’invitation du cheikh Mansour et du fonds souverain IPIC. Ça ne se refuse pas. Il a « consacré son temps à une quinzaine de personnes triées sur le volet », puis a été « reçu par le prince héritier qui l’a invité au Majlis, le Parlement de l’émirat ». C’est sûr, c’est plus glamour que de réfléchir à la déconfiture de l’UMP.

Il est comme ça, Nicolas, la politique est sa passion et le pognon son tropisme. Il ne cherche même pas à le cacher : devoir choisir entre les deux est le drame de sa vie. Dans le livre publié en novembre dernier par Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel, journalistes au Parisien, on (re)découvre l’animal « brut de décoffrage », attiré par « la fortune et l’aisance de ses amis grands patrons ». Des modèles, des idoles même.

À côté des Bouygues, Pinault, Dassault et autres Lagardère, « il a toujours été fasciné par Bill Clinton ou Tony Blair qui, après avoir quitté le pouvoir, ont encaissé des dizaines de milliers de dollars par conférence », écrivent les auteurs. C’est donc sur les conseils de Blair que Sarkozy « intègre en exclusivité un prestigieux cabinet de conférenciers de luxe : le Washington Speakers Bureau. La Rolls des agences. ». Sa biographie le présente comme « un leader visionnaire ayant consacré sa vie à l’intérêt public ».

En fait de vision, il a toujours louché sur la fortune des autres qui l’éblouit. Alors, il court le monde pour ses causeries à prix d’or. Moins cotées, hélas, que celles de Bill ou de Tony : entre 100.000 et 150.000 euros par conférence quand ses amis dépassent les 300.000. C’est parce qu’il parle l’anglais « comme une vache espagnole », dit en ricanant un banquier de la City. Avec ses cours en accéléré, il a certes « fait des progrès. Il comprend ce qu’on lui dit, peut suivre une conversation. Mais quand c’est à lui de prendre la parole, il multiplie les faux amis et les contresens. »

Ça ne gêne pas trop ses amis du Golfe avec qui il est au mieux. Comme le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, présent à son anniversaire. Bruno Le Maire a râlé : « C’est quand même étrange que le patron du PSG ait été présent à son anniversaire. Il faudrait que Sarko arrête de fricoter avec les gens du Qatar » (Le Canard enchaîné).

Il faudrait surtout que Nicolas Sarkozy arrête de prendre les Français pour des truffes juste bonnes à garnir son assiette.

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