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Le blog politique de Thomas JOLY

Danemark : quelque chose de changé au pays des Bisounours et du relativisme ? (par Marie Delarue)

18 Février 2015, 08:09am

Publié par Thomas Joly

Un peu frais mais si beau… le Danemark est le pays du bonheur : les chiffres en attestent, il est 1er au classement des pays du monde où « l’on vit le plus heureux ». Couvés par le regard bienveillant de la reine Margrethe II, ses 5,6 millions d’habitants grandissent dans la devise « L’aide de Dieu, l’amour du peuple, la grandeur du Danemark ».

Un modèle, donc, que ce royaume où les politiques vont à vélo, s’arrêtent au feu rouge et font leur marché sans chauffeur ni gardes du corps. Un pays où l’on pratique comme nulle part ailleurs l’assistance sociale, l’accueil de l’Autre et l’ouverture au monde. Un rêve d’État, en somme.

Nonobstant, “Something is rotten in the state of Denmark”, comme disait l’ami Hamlet… Ou alors, s’il n’y a rien de changé, c’est que le paradis des Bisounours et du relativisme est moins idyllique ou plus insupportable qu’on veut bien le croire. Bref, ce merveilleux « vivre ensemble » est peut-être très bien avec une bouteille de vodka et de gin à la main… Mais quand on n’a pas droit à l’alcool, hein, les nuits d’hiver doivent être longues et les nuits blanches de l’été itou. Et que fait-on alors ?

Il y en a qui cherchent le salut dans la religion. On dira qu’au pays de « l’aide de Dieu », c’est logique. Reste à savoir de quel dieu l’on parle. À l’évidence, le dieu de l’islam est en voie de remplacer celui des chrétiens. Un dieu père fouettard comme on n’en connaît plus depuis l’avènement de son fils Jésus-Christ. Un dieu guerrier, va-t-en-guerre même, djihadiste et décapiteur d’impies. Car il est une autre spécialité danoise : ce petit pays de 43.100 km2 est aussi celui qui, proportionnellement parlant, a envoyé ces derniers mois le plus de jeunes combattants sur le front syrien.

Mais comme on est au pays où tout le monde est beau et gentil, ces guerriers de l’impossible ont droit de cité à la télé. Ils viennent comme tout un chacun y faire la promotion de leur vision de l’existence, brosser le portrait d’un futur Danemark des mollahs… Chacun est libre de s’exprimer, dit-on là-bas.

Dans cet océan de liberté et de bonheur, un dénommé Omar El-Hussein, un Danois d’origine palestinienne de 22 ans, a pourtant rafalé samedi dernier ses concitoyens. Repéré par une caméra dans sa cité de Mjølnerparken, banlieue de Copenhague, il a été abattu par la police quelques heures plus tard.

Et dans cet océan de liberté et de bonheur (bis), alors que les hommages se multipliaient entre le centre culturel et la grande synagogue, là où ont eu lieu les fusillades, des dizaines de personnes venaient déposer des bougies et des bouquets de fleurs à l’endroit même où Omar El-Hussein a été abattu par la police. « Il a des amis qui sont tristes pour lui, dit un commerçant. Il était très normal, très bon à l’école. Ensuite il est allé en prison. Il en est ressorti complètement transformé. » Il faut croire qu’entre l’école et la zonzon, un truc avait cloché…

Mais les Danois s’accrochent. Dans ce pays-là, les jeunes qui rentrent du djihad sont des victimes, pas des coupables. On les choie plus que les autres : « Nous voulons que les djihadistes qui reviennent au Danemark redeviennent des citoyens à part entière », disait voilà quelques mois un certain Toke Agerschou, reponsable de cette nouvelle politique municipale du « bichonnage » dans la ville de Aarhus (300.000 habitants).

Question : comment fait-on avec ceux qui ne sont pas encore partis (cf. Omar El-Hussein) ? Et comment fait-on « redevenir » des citoyens ceux qui ne l’ont jamais été que dans l’imaginaire des politiciens ?

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