Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Thomas JOLY

Clip anti-djihad, ou la sempiternelle victoire de la prévention sur la répression (par Véronique Bouzou)

2 Février 2015, 06:38am

Publié par Thomas Joly

Suite aux attentats terroristes de janvier sur notre sol, le gouvernement français a décidé d’agir en lançant « stop-djihadisme », un site Internet dédié à la lutte contre la propagande djihadiste, sur lequel on peut visionner un clip de campagne choc. Bien qu’interdit aux moins de 12 ans, celui-ci ne montre que furtivement les images des atrocités régulièrement commises par les terroristes islamistes et fait même plutôt pâle figure au regard des images auxquelles nous a habitués la sécurité routière dans ses clips de prévention.

À l’origine de ce clip, Christian Gravel, le Monsieur com’ de Manuel Valls, qui dirige le service d’information du gouvernement (SIG), un organisme d’État directement sous la tutelle de Matignon. Un casting qui tombe à pic, car c’est bien de « com’ » qu’il s’agit dans ce cas précis. Tout comme il s’agissait de « com’ » lorsque, dans le sillage des attentats du Musée juif de Bruxelles commis en mai dernier par un djihadiste de retour de Syrie, un Numéro Vert avait été mis en place par le gouvernement. Au prochain attentat, à quoi aura-t-on droit ? Une émission de télé-réalité sur le processus d’endoctrinement des fous d’Allah sponsorisée par les deniers du contribuable ?

Clip, site Internet, Numéro Vert : si l’intention est louable, ce n’est malheureusement pas avec ces outils virtuels que l’on combattra efficacement des individus armés de kalachnikov ni leurs jeunes disciples qui, dans l’enceinte même de nos écoles, rêvent de les imiter. Depuis les attentats perpétrés en 2012 par Mohammed Merah et tous ceux qui ont suivi, qu’ont fait de concret les gouvernements pour éviter que des jeunes leur emboîtent le pas ? Face à de tels actes terroristes et des provocations qui s’ensuivent comme le refus d’observer une minute de silence, ce n’est pas non plus le port de l’uniforme, le chant de « La Marseillaise » et le salut au drapeau qui, même si cela ne peut pas faire de mal, permettront de dissuader les plus radicalisés de passer à l’acte. Pas plus que le rétablissement du service civique, surtout s’il n’est pas obligatoire.

Par souci d’efficacité, il faudrait plutôt taper là où ça fait mal. Notamment au portefeuille ! Pourquoi aucune mesure annoncée sur la suppression des allocations familiales et autres prestations sociales ? Pourquoi un silence radio total sur la déchéance des droits civiques, voire de la nationalité (pour les binationaux) des auteurs de ces actes ou de ceux qui les défendent ? La réponse n’est, hélas, que trop convenue : de la prévention, oui, mais surtout pas de répression. Ce n’est que lorsque les politiques (de gauche, mais pas seulement) et les faiseurs d’opinion se seront enfin débarrassés de cette idéologie post-soixante-huitarde qu’ils traînent comme un caillou dans leur chaussure que la réponse aux provocations pourra enfin être à la hauteur. Mais en attendant qu’ils se réveillent, combien de victimes, encore, avant que la peur ne change de camp.

Source

Commenter cet article