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Le blog politique de Thomas JOLY

Quand les valeurs de la République occultent la France (par Aristide Leucate)

10 Janvier 2015, 09:15am

Publié par Thomas Joly

Tandis qu’un attentat ignominieux vient de frapper notre pays, l’on assiste, depuis, à l’interminable et habituel ballet de faux-culs, pleureuses et autres professionnels de la compassion sur commande, qui nous tympanisent avec la « République » et ses inoxydables valeurs prétendument mises à mal par cet acte odieux.

Dans cet embouteillage politique et médiatique, le président de la République lui-même, dans une intervention télévisée de quelques minutes, le soir du drame, a synthétisé l’état d’esprit révélateur de l’incapacité chronique de nos gouvernants à prendre la juste mesure de cet événement funeste comme de ceux, tout aussi tragiques (les « affaires » Merah, Nemmouche, Joué-lès-Tours, Dijon, métro Saint-Michel, etc.), qui ensanglantent notre pays depuis plus de vingt ans. Ainsi, Hollande, à l’instar de ses devanciers, n’a pas manqué de prononcer son inévitable ode à la République « agressée », celle qui véhicule à travers le monde son « idéal de justice et de paix [et son] message de paix, de tolérance ».

Autant de mots affadis, insipides, sonnant faux à force d’avoir été prononcés à tort et à travers contre à peu près tout, le champ lexical s’étant appauvri à mesure qu’il s’étendait indéfiniment à tout ce qui était abusivement fantasmé comme un renversement de régime par les mauvais augures de la gauche antifasciste. Se refusant à toute taxinomie minimale, à tout tamisage (naturellement « discriminant », ô vilain mot !) entre le bon grain et l’ivraie, entre le principal et l’accessoire, le prioritaire objectif et l’infiniment secondaire.

Tout fait ventre « brechtien » pour ces néo-Résistants en retard d’une guerre : le terrorisme (pas seulement islamique), le F-Haine, le racisme, l’antisémitisme, les Manifs pour tous, Zemmour, Dieudonné, Finkielkraut et les autres, les indignés hesséliens, la diversité sportive triomphante… Et toujours ce même message d’une insondable vacuité sur les introuvables valeurs de la République, improbable allégorie qui a fini par obscurcir l’essentiel : la France.

Comme le soulignait pertinemment Philippe Bilger, « si le verbe humaniste et creux demeure le seul langage de notre République, on peut présumer que demain d’autres drames l’endeuilleront […] Notre République ne fait pas, ne fait plus peur. Ses admonestations n’intimident plus personne ».

Mais voilà, depuis quarante ans, LA France, celle du sacre de Reims, de la bataille de Valmy, de Jeanne d’Arc à Clemenceau, de Clovis à de Gaulle, de Du Bellay à Aragon, d’Aristide Bruant à Jean Ferrat, de Villon à Eugène Sue, de Maurras à Pierre Leroux, du mont Saint-Michel à la Cité des Papes, de nos beffrois comme de nos caves voûtées, cette France charnelle et éternelle est conchiée, conspuée, abhorrée, honnie par tous les salisseurs de mémoire portant fièrement la honte en bandoulière.

Depuis hier, ces faces de catastrophe sont stupéfaites de voir leur impuissante « République » rejoindre le charnier de leurs utopies. C’est le prix à payer pour avoir éparpillé notre seul bien commun aux quatre coins de l’oubli.

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