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Le blog politique de Thomas JOLY

L’apartheid selon Manuel Valls (par Nicolas Gauthier)

22 Janvier 2015, 06:19am

Publié par Thomas Joly

Décidément, dans ce pays, il n’est plus possible de rien dire. La preuve par Manuel Valls, évoquant « l’apartheid » qui règnerait dans nos « quartiers ». Certes et pour sot qu’il soit, le mot n’a rien de condamnable, même s’il n’était effectivement pas de mise. En effet, « l’apartheid » en question renvoie à une politique étatique, structurelle et constitutionnelle, venant d’un régime fini : celui de l’Afrique du Sud.

En France et dans nos « quartiers », rien de tel, s’agissant plus d’un état de fait que d’une politique issue d’une politique d’État de droit, sachant que se pratique ici un indéniable phénomène de ghetto, lequel n’est pas uniforme, pourtant. Il y a les ghettos urbains, à forte majorité de population immigrée. Mais également ceux de la France pavillonnaire, naturellement plus gauloise. Sans compter les autres, autrement plus friqués, mais pas toujours ethniquement plus homogènes ; la preuve par l’avenue Foch ?

Le phénomène n’est pas neuf, sachant que, de longue date, ceux qui se ressemblent préféreront toujours vivre ensemble à plusieurs que seuls dans leur coin ; le brassage culturel et social, le mélange ethnique ne s’étant toujours historiquement pratiqué qu’à la marge. Manuel Valls le sait mieux que personne qui, dans sa ville d’Évry, déplorait récemment, lors d’une brocante locale, le peu de présence de « Blancs ».

Après, il est un fait qu’en France, on ne se déplaît pas s’étriper pour de simples mots, même s’il ne s’agit pas toujours de bons mots. « Point de détail » ? « Bruit et odeurs » ? « Fournée » ? Etc.

Ça peut éventuellement aider à vendre du papier et faire grimper l’Audimat ; mais à faire avancer le schmilblick, c’est une tout autre histoire. Et les journalistes que nous sommes ne sont pas forcément toujours innocents dans l’affaire, sachant que cette profession sera toujours plus prompte à évoquer les trains qui déraillent que ceux qui arrivent à l’heure.

D’où cet « apartheid » qui est aussi le fait du trompe-l’œil et de l’effet factice du miroir grossissant. Quid, ainsi, de ces gens sans histoire, qui ne font pas d’histoires et encore moins l’Histoire, sachant que la leur ne mérite même pas le début d’un papier ? Toute la problématique de cette « beurgeoisie », pour reprendre l’heureux néologisme du quotidien Libération.

Eux ont quitté les « quartiers » et ne figurent pas, ou que fort peu, dans les statistiques. Ils sont soldats ou policiers. Artisans, patrons de PME et PMI, voire de grandes entreprises. La place nous étant ici chichement comptée, inutile d’énumérer, mais ce seul exemple, la compagne aérienne Aigle Azur, la plus vieille de France, même antérieure à Air France, sauvée de l’oubli par un désormais très banal Arezki Idjerouidène.

Ça aussi, c’est la France des invisibles. Une France qui travaille beaucoup et souffre souvent en silence. Et vote généralement Le Pen. Et connaît peut-être, à propos de bons mots, celui de Pierre Desproges assurant qu’en Afrique du Sud, tous les Blancs étaient pour l’apartheid, « à part Ted »…

Il n’est jamais interdit de finir sur une note d’humour ; à condition toutefois qu’elle ne soit pas charliesque.

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