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Le blog politique de Thomas JOLY

« Je te bute à la kalach » (par Javier Portella)

12 Janvier 2015, 06:16am

Publié par Thomas Joly

Avant les « événements terribles de ces jours »… Non, arrêtons la novlangue : avant les premières escarmouches de la guerre qui vient de nous être déclarée – des petits riens, par rapport à ce qui nous attend –, les choses étaient déjà bien claires. La plupart s’entêtaient pourtant à ne pas les voir. Maintenant, tout est devenu limpide, transparent – mais on continuera à fermer les yeux. Une seule différence : le nombre des aveugles va diminuer, et si un sondage était fait en ce moment, ce serait peut-être déjà 30 %, ceux qui penseraient « Keep Calm and Vote Le Pen ».

Après chaque escarmouche, après chaque nouvelle bataille, les aveugles seront certes un peu moins nombreux. Or, ils le seront surtout parmi les braves gens, parmi le peuple, car pour ce qui est de nos prétendues « élites »… Parlons-en, de celles-ci, parlons de ces aveugles « élitaires » au premier rang desquels il faut placer les médias du système. Ce n’est dans aucun d’entre eux que vous apprendrez, par exemple, que les réseaux sociaux se sont enflammés de messages saluant la tuerie de Charlie-Hebdo (« Ces fils de pute ils l’ont bien mérité », « Je suis Muslim et j’aime mon Prophète », etc.). Ce n’est pas non plus dans les médias officiels que vous apprendrez qu’une fois les trois terroristes abattus, les « jeunes des quartiers en difficulté » ont continué à pratiquer « le vivre ensemble » au moyen de messages tels que : « Hommage aux frères qui sont tombés », « Morts en martir »(sic), « Que notre seigneur Allah leur ouvre les portes du Paradis », etc.

Ce n’est ni dans Le Monde, ni dans Libération, ni dans Le Figaro qu’on peut lire de telles choses. On trouve pourtant, dans ce dernier journal, un article sur la façon dont la minute de silence a été suivie dans les établissements scolaires des quartiers « sensibles ». Leur sensibilité était si forte, après la tuerie, que la minute de silence y est souvent devenue… une minute de haine.

« “Je te bute à la kalach”, a lancé, à Lille, un élève de quatrième à son enseignante», peut-on lire dans Le Figaro. Il ajoute : « Dans une école élémentaire de Seine-Saint-Denis, pas moins de 80 % des élèves d’une classe ont refusé cette minute de silence. » Certains se sont mis aussi à raisonner. Par exemple, cet élève de sixième qui a lancé à son prof : « Mais vous ne comprenez pas. Le Prophète, ils n’auraient pas dû le dessiner. Il est au-dessus des hommes ! » Ou cette enseignante qui, sur son compte Facebook, rapporte avoir été accueillie à 8 heures du matin par « Moi j’suis pour ceux qui les ont tués », après quoi elle a demandé à être mutée dans un autre établissement.

Vous retrouverez bien d’autres exemples… à la condition toutefois de ne pas vous attarder sur le titre de l’article : « Charlie Hebdo : ces minutes de silence qui ont dérapé dans les écoles. » Point. Les écoles d’où ? Mais les écoles de l’ensemble de la France, grands dieux ! conclura le lecteur qui, ahuri, ne pourra se remettre du choc qu’en lisant le texte de l’article. « Le dérapage de la minute de silence » (traduction : « Le boycott à la minute de silence ») n’a pas eu lieu, évidemment, dans l’ensemble du pays. Nous n’en sommes pas encore là. Le boycott n’a eu lieu que là où le Grand Remplacement a déjà le plus remplacé.

Le jour où les élèves issus de l’immigration musulmane répondraient avec un respect ému à une telle minute de silence ; le jour où les réseaux sociaux s’enflammeraient avec le mépris profond de cette même immigration pour de tels tueurs ; le jour où des foules de milliers de musulmans descendraient des banlieues pour répudier une horreur d’autant plus grande que les monstres prétendent agir en leur nom : ce n’est que ce jour-là que je pourrais commencer à prendre au sérieux ceux qui prétendent qu’il y a un bon islam profondément opposé au mauvais.

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