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Le blog politique de Thomas JOLY

Éducation nationale : 40 ans de laxisme balayés en 8 jours ! Vous y croyez ? par Marie Delarue)

20 Janvier 2015, 06:46am

Publié par Thomas Joly

Depuis « le 11 janvier 2015 » – date destinée à devenir historique en référence au 11 septembre 2001 des Américains –, nos politiques s’interrogent : aurait-on loupé quelque chose ? Ils découvrent, éberlués, que la France d’aujourd’hui n’est pas ce qu’ils prétendent ; ni, pour la majorité d’entre eux, celle qu’ils fréquentent, proprette, entre beaux quartiers, grandes écoles, lambris de la République et ryads à Marrakech.

Gauche caviar et droite saumon ne connaissent ni la France du saucisson ni celle du couscous. Il y a belle lurette que la réalité n’est plus de leur monde, évacuée, gommée, y compris – et peut-être même encore davantage ! – pour ceux, « issus de la diversité » comme on dit, si contents de s’en être sortis qu’ils préfèrent ne plus rien voir.

Ainsi la fraîche Najat Vallaud-Belkacem, Franco-Marocaine, fille d’un ouvrier dans le bâtiment, qui a oublié ses quartiers nord d’Amiens en épousant M. Vallaud et la haute fonction publique.

Depuis huit jours, Najat reçoit. Jour et nuit ou peu s’en faut : d’anciens ministres de l’Éducation, des conseillers, des pédagogues et des pédagogistes, des politiques de droite à gauche, des recteurs, des proviseurs… Mercredi, ce seront Lilian Thuram et Plantu. Plantu parce qu’il déborde de chagrin, sans doute. Thuram parce qu’il est passé du statut de grande figure du football à celui de « grande figure de l’antiracisme ». D’aucuns diraient plutôt « militant acharné de la repentance occidentale » dans une vision passablement révisionniste de l’histoire de l’esclavage.

Ultra-rapide à la détente, Najat Vallaud-Belkacem devrait annoncer dès jeudi ses propositions de réforme pour l’école. Huit jours pour apprendre à vivre ensemble après quarante ans passés à détricoter le vivre ensemble. Formidable ! Au premier plan, le retour au respect et l’hymne national : imposer aux élèves de se lever devant « l’autorité » ou encore chanter « La Marseillaise » fait partie « des choses qui me paraissent devoir ne pas être prises à la légère », dit-elle.

On se permettra de lui rappeler que « La Marseillaise », après quelques éclipses dues à ses amis politiques, a toujours été au programme des écoles. Une circulaire ministérielle précisait même en 2011 que « l’hymne national est appris et chanté par les enfants dans l’école et, chaque fois que possible, lors de manifestations commémoratives ». Un vœu pieux. Faut-il rappeler les polémiques de ces dernières années sur ce chant « honteusement vindicatif et guerrier » que beaucoup, à gauche, refusent de chanter en criant au fascisme, lui préférant « L’Internationale » et le poing levé ? Staliniens de tous les pays, unissez-vous…

Que peut-on faire de sérieux en huit jours ? À part brasser de l’air et blablater, rien de sérieux. On va une fois de plus agiter de grands principes qu’on refusera d’appliquer au nom des grands sentiments. On va pondre une charte sur la laïcité, illisible et de toute façon incompréhensible pour 80 % des gamins qui se contenteront de la coller dans leur carnet de correspondance.

Comme le confiait Laurent Bouvet au Figaro, les bouleversements indispensables vont exactement « à l’encontre d’un ensemble de réformes et de prescriptions devenues une véritable idéologie avec le temps dont la logique a précisément consisté à déconstruire l’autorité dans l’école, à “ouvrir” l’école sur la société ou encore y faire entrer les différences et les spécificités culturelles de chacun ».

« Il faut inverser le sens de circulation entre l’école et la société qui s’est imposé depuis des décennies », dit-il fort justement. Alors, certes, il n’est pas interdit de rêver d’une révolution copernicienne, mais on nous permettra de rester sceptiques…

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