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Le blog politique de Thomas JOLY

Cohen contre Plenel : quand les rats se bouffent entre eux ! (par Nicolas Gauthier)

13 Janvier 2015, 06:18am

Publié par Thomas Joly

Avant même d’avoir vu le jour, la récente unité nationale avortait déjà. Pas seulement parce que le Front national, actuellement deuxième et potentiel premier parti de France en était exclu, mais surtout parce que deux de ses deux grands prêtres s’en disputaient par avance la dépouille, à coups de crucifix et de gousses d’ail.

Ainsi, à notre gauche, Patrick Cohen, tenancier de la matinale de France Inter. Et, toujours à notre gauche, Edwy Plenel, boutiquier de Mediapart ; deux médias citoyens, donc. Et bienvenue sur le ring de « C à vous », sur France 5, ce 6 janvier dernier. Pas tout à fait le combat de titans, mais plutôt celui de deux Playmobil qui se disputeraient leurs pelles dans un bac à sable (voir la vidéo).

Sujet du « clash », tel que dit aujourd’hui, ou de la « disputation », du temps de saint Thomas d’Aquin ? Soumission, le livre de Michel Houellebecq, dont on ne sait plus très bien s’il est essai ou roman, entre Grand Remplacement et énorme daube. Mais le duel en question, c’était avant le drame qu’on sait, avant que tous les Patrick et les Edwy ne deviennent tous des Charlie.

À notre gauche, donc, Edwy. Qui vient de signer un mince opuscule intitulé Pour les musulmans.

À notre gauche, toujours, Patrick, pour qui tout ce qui campe à droite du centre gauche est condamné à la réduction ad hitlerum.

Et là, ça le « fait grave trop bien », pour reprendre un post « facebookien » posthume d’un des frères Kouachi. Edwy est accusé par Patrick d’islamophilie, tandis que Patrick est « stigmatisé » – Dieu que j’adore ce mot si con, si galvaudé – parce que suspect de faire grimper le thermomètre de l’islamophobie dans le rouge.

Naguère, parler de Le Pen rendait fou. En faire autant de l’islam devrait être remboursé par la Sécurité sociale. Et, du coup, vu que les émissions du service public tendent de plus en plus souvent à ressembler à des matchs de catch, Patrick s’est levé de son strapontin pour s’en aller fixer Edwy droit dans les yeux, au simple motif que le premier ne fixait pas assez bien les pupilles du second.

Combat de frime qui rappelle celui de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 1988, à l’occasion de laquelle Chirac demanda, droit dans les yeux, à Mitterrand de ne pas mentir ; objurgation à laquelle Tonton se fit un plaisir de ne point céder. À l’époque, ça avait encore de la gueule ; mais, désormais, vaste blague.

Du temps de mes jeunes années, avant que l’ordre néo-clérical ne fixe les règles pénitentiaires des élégances démocratiques, on aurait juste appelé ça un combat de nègres dans un tunnel. Et dernier petit détail pour conclure, une gentille pensée pour le professeur Choron, Cabu et Wolinski, quant au Woodstock humaniste de ce dimanche : si les défunt avaient pu un seul jour imaginer que curés, imams et rabbins allaient défiler pour eux, tandis que flics, CRS et gendarmes auraient été applaudis au passage, ils se seraient retournés dans leurs tombes respectives. Au risque de les voir transformées en centrifugeuses.

Je suis Charlie ? Moi non plus.

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