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Le blog politique de Thomas JOLY

De la terreur et des bobogays (par Joris Karl)

21 Novembre 2014, 08:39am

Publié par Thomas Joly

Le revirement démago de Sarko à propos de la loi Taubira fait penser à un pochetron lunaire qui se serait éclaté le crâne sur un réverbère trop sec. Emporté par la houle des gorges déployées, Sarko a trahi une partie de ses légions. Sabre en plastique en main, les petits Zorro ont voulu dégonfler le sergent Garcia. Piquer dans le ventre. Pendant qu’une immense majorité des Français applaudissaient la sortie de l’ex-chef de l’État (« On va l’abroger, cette loi »), il y en a eu, de la révolte dans les colonnes et sur les plateaux. Autant dire sur Pluton.

Charles Consigny, dans Le Point (article du 18 novembre), a décroché le pompon frelaté du ridicule et de l’abject. Vexé, abandonné en rose campagne par son idole, Consigny a fait sa chochotte, et est devenu brutal. Le masque de cire tombe, tel un visage pétrifié à la Renaissance dont on découvre les sombres traits à la lueur des bûchers. Ceux qu’il voudrait rallumer. Petrus Christus aurait pu peindre le jeune exalté. Les couleurs eussent pu en pleurer !

Selon le Joinville des « Grandes Gueules », il devrait être interdit de ne pas penser comme Consigny. Avec la gent bobogay, on avait l’habitude de cette mesure soviétoïde de la liberté. Je goulague, donc je suis. On savait qu’on risquait de flamber dans un nouveau Bazar de la Charité. Mais là où le garçon devient infâme – si j’ose dire –, c’est lorsqu’il insulte les adversaires du mariage gay : « Leurs arguments alambiqués sur le vivre ensemble, la famille ou je ne sais quelles valeurs ne sont que le paravent de cette obsession, et il n’est pas du niveau d’un homme d’État de céder, pour des considérations électorales, aux revendications haineuses de quelques arriérés. »

Des « arriérés ». Le mot est lâché. Enfin. Voilà ce que sont, aux yeux de la minorité bobogay, les millions de gens qui ont défilé dans tout le pays. La majorité silencieuse – « quelques » pour Consigny – n’est donc bonne qu’à rééduquer, et encore, pense l’ex-pole pote de Sarkozy.

Dans la même veine de cette insupportable Inquisition en tutu, les propos de Jean-Luc Romero lors du « Grand Journal » de Canal+. L’ancien UMP, néo-PS, a expliqué aux spectateurs qu’il « était impossible de revenir » sur le mariage homo. Parce que le Conseil constitutionnel l’empêcherait, parce que ce serait l’instauration d’un « régime d’apartheid en France ». La grossièreté de ces envolées, l’excessive posture du Mandela ressuscité en militant gay, tout fait que la cause ultra-politique du mariage homo n’aboutit qu’à la cohue mentale. Une poignée d’extrémistes obsédés par leurs pratiques sexuelles a perdu tout sens commun. Le peuple veut le maintien de certaines institutions parce qu’elles sont des balises dans un monde déchaîné. Un repère. Une protection. La haine des bobogays finira par faire ressortir les pires souvenirs de l’homophobie véritable. Quel triste retour de bâton pour Consigny et les siens !

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