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Le blog politique de Thomas JOLY

Présidentielles Brésil : Neves gâche la fête gauchiste ! (par Joris Karl)

8 Octobre 2014, 07:27am

Publié par Thomas Joly

Tout était pourtant entendu, d’aucuns diront « prévu » depuis des semaines. Au Brésil, l’élection présidentielle devait se jouer entre deux femmes d’extrême gauche, la sortante Dilma Roussef, leader du Parti des Travailleurs, et l’écolo-évangéliste Marina Silva.

Le duel, le duo devrait-on dire, faisait déjà frétiller plus d’une rédaction, dans un pays où, comme chez nous, le politiquement correct fait des ravages. L’ancienne porteuse de valises de la rébellion communiste Dilma, contre la pauvresse de la Brousse, Marina. Dans ce monde occidental féminisé jusqu’à plus soif, tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. D’autant que, pour le fun, la rumeur catalogue Dilma comme lesbienne. Tout pour réussir en somme. En face, par « chance », Marina avait d’ailleurs remplacé au pied levé son candidat Eduardo Campos, dont le jet privé s’était malencontreusement crashé cet été (hiver au Brésil).

Seulement voilà, un affreux jojo s’est incrusté dans le casting trop propret. Oui, il y aura un candidat de droite au second tour, et un homme, affreusement blanc, de 54 ans. Tout pour dégouter le bobo métissolâtre de base.

Ce dimanche, les résultats du 1er tour sont tombés raides comme une « pinga » bue cul-sec : Dilma, avec 41 %, fait le plus mauvais score du PT depuis l’avènement de Lula. Neves se qualifie facilement pour la « finale », contre tous les pronostics, en écrasant l’extrême verte Marina 33 à 21 points !

Neves ne sort pas de nulle part dans l’histoire brésilienne. Aecio n’est autre que le petits-fils de Tancredo Neves, qui fut en 1985 le premier président post-junte militaire. Président enfin presque, puisque, à peine élu, il tomba brusquement malade et décéda dans d’atroces souffrances avant d’être officiellement investi !

Comme toujours dans les pays multiraciaux, le vote a été en grande partie ethnique : le nord afro-indigène a voté massivement Dilma, ce qui a d’ailleurs suscité des campagnes ouvertement racistes sur les réseaux sociaux, et le sud blanc européen massivement pour Neves (Il a obtenu 44 % dans l’immense São Paulo). On peut penser que ce dernier ne pourra pas rattraper les 8 points de retard sur le chef de l’État eu égard aux électeurs de Marina dont une partie non négligeable devrait se reporter sur Dilma. Mais la dynamique Neves est actuellement fulgurante. Le leader de la coalition de droite Muda Brasil ! (Change Brésil !) avait en effet trois fois moins de temps d’antenne que Dilma avant le premier tour. Vu comme les Brésiliens sont accrocs au petit écran, l’égalité de temps de parole aura un impact. Et on dit que Marina pourrait, au prix d’un accord secret… soutenir Neves ou au moins appeler à l’abstention. Un tel cas plongerait le PT dans la panique. Il reste du temps avant le 26 octobre, jour du scrutin, pour négocier au prix cher.

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