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Le blog politique de Thomas JOLY

Nous y voilà : Ebola, c’est la faute aux Blancs ! (par Marie Delarue)

14 Octobre 2014, 07:51am

Publié par Thomas Joly

Jeudi, Yves Calvi consacrait son numéro de « C dans l’air » sur France 5 à la psychose Ebola. Le titre de son émission : « Ebola : pas de panique mais… » Pas de panique justifiée, mais tout ce qu’il faut pour l’organiser, notamment parce qu’elle fait vendre de l’Audimat et du papier.

Émission passionnante de bout en bout où l’on comprend que cette maladie est avant tout celle de la pauvreté et de l’ignorance, une maladie de la misère dans des pays qui, depuis les indépendances, ont été ravagés par les guerres tribales, et où les systèmes de santé sont totalement défaillants. Des pays où l’on trouve au mieux un médecin pour 100.000 habitants, et parfois aucun pour 4 millions, comme au Liberia ! Pourquoi ? Parce que les élites se forment en majorité chez les Blancs et y demeurent. Comme un certain Pascal Adjamagbo, dont on apprend au détour de l’émission qu’il a lancé une pétition pour dénoncer le plan concerté d’élimination ciblée des populations noires d’Afrique par les Blancs. Rien que ça.

M. Adjamagbo n’est pas n’importe qui : ingénieur de l’École nationale des ponts et chaussées de Paris, docteur d’État et agrégé de mathématiques, professeur à l’université de Jussieu (Paris 6), membre du « Panel de haut niveau de l’Union africaine pour la science, la technologie et l’innovation », il a lancé fin août sur Internet sa « Pétition au nom de la science à l’Union africaine pour une commission d’enquête internationale du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Union africaine sur l’origine du SIDA et de l’Ebola ».

Passons donc sur le fait, doublement étonnant à nos yeux, que ce monsieur qui aime tant ses frères africains préfère enseigner à Jussieu plutôt qu’à l’université de Lomé, et que la France, qui collectionne les médailles Field, trouve bon de recruter ses enseignants parmi les Togolais, et penchons-nous sur les propos dudit Pascal Adjamagbo. 
À l’en croire, c’est un programme développé par « le régime sud-africain de l’apartheid entre 1980 et 1994, consistant en la mise au point et la manipulation “d’armes biologiques de destruction massive” dirigées sélectivement contre les populations d’Afrique » qui viserait à l’éradication du continent noir. Comme les laboratoires chinois, sans doute, mirent au point la peste noire qui fit 25 millions de morts en Europe entre 1347 et 1350 ?

Bien que passé par nos grandes écoles, M. Adjamagbo est resté un enfant de sa terre. Prétendant parler au nom de la science, il participe activement à l’épidémie de fantasmes qui, en Afrique, tue autant que le virus, tenant les malades à distance des rudimentaires centres de soins « perçus comme des mouroirs », prétendant que cette maladie « est une invention de Blancs ». « Pendant 30 ans, notre emblème symbolisait le secours, la vie », disent les soignants de Médecins sans frontières, « maintenant on a une sorte de blason de mort qui nous colle à la peau ». Suspectées d’apporter la mort, des équipes chargées d’informer les populations ont même été massacrées dans des villages de brousse en Guinée.

Choléra, maladie du sommeil, fièvre jaune, paludisme, tuberculose, SIDA… il y a, en Afrique, depuis des années, des maladies qui tuent bien plus qu’Ebola et qui sont infiniment plus contagieuses, disent les virologues. Du fait des fantasmes répandus par M. Adjamagbo et ses semblables, les gens n’approchent plus des dispensaires pour se faire traiter, et la mortalité explose.

Enfin, rappelons à ce monsieur que si l’OMS n’a déclaré l’urgence sanitaire que cinq mois après le début de l’épidémie d’Ebola, l’Union africaine ne s’est réunie, elle, pour la première fois qu’en septembre dernier ! Alors plutôt que cracher sur l’Occident où il a étudié et où il vit la vie des riches Africains en diaspora, Pascal Adjamagbo ferait mieux de rentrer au pays aider son Afrique à sortir de la victimisation qui lui tient lieu d’économie et du maraboutage qui sert encore trop souvent à tout le reste.

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comment se faire des kamas 14/10/2014 09:01

On en veut encore traité de cette manière. Sympa.