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Le blog politique de Thomas JOLY

Christophe de Margerie : une histoire française (par Nicolas Gauthier)

22 Octobre 2014, 10:07am

Publié par Thomas Joly

Depuis la mort de Philippe Pétain, dont le bilan vient d’être récemment, globalement et positivement réévalué par Éric Zemmour, jamais la mort d’un moustachu n’aura suscité autant de larmes et de vagues que celle de Christophe de Margerie, défunt patron de Total.

Il avait fait don de sa personne aux hydrocarbures, comme le Maréchal à la France. Total, première entreprise française. Fleuron hexagonal. Bijou économique de la nation. Et tagada tsoin tsoin et toutes ces choses. Mais, avant que l’on ne mette le grand homme sous terre, il ne serait pas idiot que nos confrères, eux, redescendent sur terre. Car Total n’était plus une entreprise française depuis belle lurette, puisque privatisée en 1993 par Édouard Balladur, alors Premier ministre. Certes, Total battait encore pavillon français ; comme certains bateaux au long cours font de même de celui du Panama.

La nature de ses actionnaires est à même enseigne de complaisance : capitaux chinois et surtout qataris, faisant de cet émirat l’un des principaux décideurs de ce qui est devenu le cinquième groupe pétrolier privé au monde. Plus franco-français, c’est effectivement ardu à dénicher… L’entreprise est d’ailleurs tellement « citoyenne » qu’elle ne s’acquitte pas de l’impôt sur les sociétés dû au Trésor public français. Mieux, il est question qu’en 2017, l’État lui signe un chèque de 80 millions d’euros, au titre du crédit d’impôt compétitivité emploi et du crédit impôt recherche. 80 millions qui, bien sûr, seront piqués dans la poche du contribuable. Bel exemple de civisme et de patriotisme économique… Mais il est vrai que les usines à gaz – ou pétrolifères, en l’occurrence –, pondues par nos brillants technocrates sont tellement bien ficelées qu’il suffit généralement de mensualiser quelques avocats fiscalistes pour en percer les brèches et en contourner les écueils.

Au-delà des querelles de chiffres – Total s’acquitte néanmoins d’autres impôts sur le territoire –, un fait demeure : nos dirigeants, depuis 1983, auront été les premiers artisans de la désindustrialisation, du déclin, voire du suicide français, pour reprendre une terminologie zemmourienne. Car ce fut là le grand legs du gaullo-communisme : une France, seule nation à rivaliser avec les USA et le reste de la planète en ces domaines éminemment stratégiques que sont le nucléaire, le pétrole, l’aéronautique, l’armement, l’automobile, le BTP, le chemin de fer, la recherche spatiale, l’industrie pharmaceutique, l’agriculture et encore doit-on en oublier, dont un modèle social naguère plus que performant et ayant inspiré nombre d’autres nations.

Cela, alors que les cendres du Général commençaient à peine de refroidir, a été minutieusement détricoté, un peu comme ces fils de famille vendant à l’encan châteaux et bijoux de famille. 1983, disions-nous… Jean-Pierre Chevènement veut renforcer cette force industrielle, mais François Mitterrand préfère écouter Jacques Delors, père de l’Europe à douze membres et du mouton à cinq pattes qui, lui, parvient à convaincre le Président de laisser la France grande ouverte aux quatre vents d’une finance déjà mondialisée. Puis, la plate-forme gouvernementale du RPR et de l’UDF, en 1988, gracieusement fournie clefs en main et sur un plateau par la fondation Heritage, notoire épigone de la CIA, laquelle prévoyait le démantèlement programmé de cet outil industriel à nul autre comparable. Édouard Balladur assura alors qu’à l’aide de « noyaux durs », soit des investisseurs patriotes – bel oxymore –, ce qui serait vendu à l’étranger avait vocation à demeurer français.

Les libéraux ont toujours oublié que l’histoire était tragique. L’histoire, elle, se rappellera surtout que ces mêmes libéraux, de droite comme de gauche, sont des naïfs, d’autant plus nuisibles que tragiquement cons.

Source

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Marise fille d'un combattant pour l'Algérie Française 23/10/2014 13:39

Le Premier Ministre, Manuel Valls, salue « un grand capitaine d’industrie et un patriote ».
Monsieur Valls c'est t'il que veut dire un patriote, comme on est dans un parti comme le Socialo communisme de politique pro 'immigrationniste ' vers une occupation du pays, qui on ruinée et couler tout les pays ou ils y sont passait ...Un PDG n'a rien a foute du pays quelque soit le pays ,que le frics compte pour eux ..

Monique anciene FN 23/10/2014 20:08

Le patriote de son porte feuilles ..et de l'invasion comme a Calais rien est fait ..

Pieds Noirs 9A 23/10/2014 14:03

On nous parle de patriote ,mais on se fout de qui ???Comme lui même Valls ne résonne déjà pas comme un patriote ,il n'aurait déjà pas gazé des Français manifesté dans le respect et la dignité ..et tous ceux qui casse dans la rue et grand boulevard,il y aurait eut un terme a cela ..Patriote cela me laisse bien rire alors que la France et en changement de population ..

p 23/10/2014 14:03

On nous parle de patriote ,mais on se fout de qui ???Comme lui même Valls ne résonne déjà pas comme un patriote ,il n'aurait déjà pas gazé des Français manifesté dans le respect et la dignité ..et tous ceux qui casse dans la rue et grand boulevard,il y aurait eut un terme a cela ..Patriote cela me laisse bien rire alors que la France et en changement de population ..

Marjolaine 23/10/2014 10:28

Le 5 juillet 62 a Oran ,ce n'était pas un accidents ...c'était un drame et personne de ses bobos s'en est souciés ..Merci

Mogador 1515 23/10/2014 09:50

Bizarre pas une journée de deuil payer par le patronat Français ..

Pieds Noirs 9A 22/10/2014 20:47

Le décès accidentel d'un homme ou d'une femme est toujours un drame pour leurs proches, alors pensons aussi aux familles des deux pilotes et de l'hôtesse, la presse semble les avoir oubliées.
Quant à Margerie, quel concert unanime à Droite (UMP, UDI, ...) et à Droite (PS), dans la presse, etc pour nous vanter les qualités de ce patron hors-normes qui a passé toute sa carrière au service de Total, gravissant tous les échelons jusqu'au plus haut en écrasant tout sur son passage. Les communes concernées par la marée noire de l'Erica ne vont pourtant certainement pas lui dresser une statue, à lui, Margerie, qui s'est battu comme un lion pour ne pas les dédommager, ou le moins possible (aussi scandaleux dans ses propos que le patron américain d'Union Carbide après le drame de Bhopal), un homme qui a tout arranger pour que Total soit déficitaire en France et n'y paie pas d'impôts, et très bénéficiaire dans les pays où il négociait des conditions fiscales avantageuses. Combien de milliards d'Euros ont échappé au fisc français à cause de ce "grand patron" ? Combien d'années d'austérité les pauvres et les classes moyennes vont-elles devoir se serrer la ceinture pour comblé ce déficit qui est un fait un énorme cadeau fait à Total et à ses dirigeants.
Et quel scandale que dès qu'un homme politique ose élever la voie à l'encontre de ce concert politico-médiatique, il est de suite menacer d'exclusion. Est-ce donc ça une démocratie "moderne" ?

Sylvestre Brunaud 22/10/2014 20:22

Un homme est mort dans un accident du travail.
 On ne peut que le déplorer et s’incliner avec respect. 
Près de 600 victimes chaque année sont emportées par des conditions de travail déplorables...,Pourquoi pas un deuil National pendant que nous s'y sommes ..comme on perd un proche de notre famille ,en en fait pas tout un tam tam dans la Presse , maintenant c'est la grande mode du système ,par contre on nous dis pas que lui le pauvre manger pas des nouilles et des patates tous les jours .. Qu'on parle un peu de ceux qui meurt dans le froid et la misère et on ne fait pas tout un tam tam ..