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Le blog politique de Thomas JOLY

Syndicats SNCF : les maîtres-chanteurs du service public (par Marie Delarue)

25 Septembre 2014, 07:13am

Publié par Thomas Joly

Ah ! La France éternelle, sa cuisine, ses châteaux, ses beaux paysages, son service public, et surtout ses grévistes du service public… Une exception culturelle – encore une – que le monde entier, assurément, nous envie.

Alors que défilaient hier devant l’Assemblée nationale les pilotes d’Air France, ces nababs du manche à balai, les « forçats du rail » mettaient les usagers du RER à l’arrêt. Histoire, sans doute, d’empêcher ceux qui auraient encore pu prendre un avion de l’attraper, mais passons. Sanctionnés ! Les habitués des RER B et D et des Transiliens H et K. Punis ! Les banlieusards.

Pourquoi ? Pour faire pression contre les « sanctions lourdes » qui menaçaient six agents. De braves gars, n’en doutons pas, qui avaient un peu trop secoué « des conducteurs envoyés par la SNCF durant les grèves de juin contre la réforme ferroviaire » (exactement « le projet » de réforme ferroviaire). Quand même, on n’a pas idée de vouloir assurer le service minimum prévu par la loi !

Ça, c’était hier. Aujourd’hui re-grève. « Les syndicats SUD-Rail, CGT et UNSA de la gare Paris-Saint-Lazare lancent un préavis de grève de 24 heures. La SNCF annonce 1 train sur 2 sur les lignes J et L du Transilien. Des dizaines de milliers de voyageurs sont concernés », nous informe Le Parisien.

Pourquoi ? Pour faire pression contre les « sanctions lourdes » qui menacent deux agents convoqués ce mercredi après-midi en conseil de discipline.

Et qu’ont-ils fait, ceux-là ? Ils se sont poivrés, cuités, bourré le pif, piqué la ruche, bref arsouillés un soir de février 2013 dans un poste d’aiguillage. « Une petite fête entre amis qui aurait pu passer inaperçue si une vidéo de la soirée, mise en ligne par le site Internet du Point en juin, n’avait fait le buzz, six mois après le drame de Brétigny-sur-Orge », nous apprend le quotidien. D’autant qu’« on y voit pendant une minute cinquante plusieurs agents rigolards en train de boire un cocktail rhum-piment-citron dans la salle de repos. Puis l’un d’eux, à son poste d’aiguillage, de reconnaître avoir oublié de “clignoter” un train qui entre sur un quai occupé… »

Ben quoi, ça vous pose un problème ?

Une enquête a été diligentée, huit agents sanctionnés. Quoi : le bagne ? La prison à vie ? Cayenne, Nouméa, Biribi ? Pire que cela : « Deux d’entre eux, qui avaient consommé de l’alcool, ont été mis à pied deux jours et quatre sanctionnés par une mise à pied d’un jour avec sursis pour ne pas avoir alerté leur hiérarchie. » Et ce qui nous vaut la grève de ce jour, c’est le verdict attendu du conseil de discipline sur les cas d’un cadre opérationnel et d’un agent de maîtrise.

La CGT, très branchée cuisine, nous donne la recette des crêpes. C’était « pour la pâte, ils ont emmené du rhum, breuvage qui, une fois passé à la poêle, aura perdu sa capacité enivrante », explique le syndicat. Du coup, un agent aurait voulu préparer un cocktail avec du piment histoire de réchauffer l’ambiance. Tellement épicé « que personne n’a fini son verre ». Comme on vous le dit.

Nier les fautes, interdire les responsabilités et les sanctions. Voilà, mesdames et messieurs, les grandes causes du syndicalisme ferroviaire, celles qui paralysent l’Île-de-France, ne vous laissant que vos pieds pour marcher et vos yeux pour pleurer.

Ainsi va la France, éternelle esclave des maîtres-chanteurs du service public.

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