Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Thomas JOLY

L’Espagne pourra tuer des bébés sans limite (par Robin de la Roche)

25 Septembre 2014, 07:34am

Publié par Thomas Joly

La dépêche est tombée mardi : l’Espagne retire son projet de loi qui prévoyait une limitation de l’avortement. C’est, évidemment, une nouvelle bien triste. Enfin, pas pour tout le monde. Il y a, en Espagne et un peu partout dans le monde parmi ceux qui auront lu cette information, des gens qui s’en réjouiront. Ils seront heureux ! Happy ! Chouette, on va pouvoir continuer à tuer des bébés ! (Rappelons qu’on en tue plus de 500 par jour en France grâce à la loi Veil… soit 22 par heure, bref, plus d’un toutes les trois minutes.)

Le problème de cette incompréhension – dans laquelle chaque partie est sincère et croit réellement être du côté du bien –, c’est que nous sommes là dans le domaine de l’irréconciliable, en Espagne comme en France. Il est impossible de réconcilier une population pour laquelle rien ne compte d’autre que l’Homme, son désir, ses envies, avec un peuple qui inscrit l’Homme dans quelque chose de plus grand qui le dépasse…

Lors d’une des Manifs pour tous géantes, une jeune fille sur le trottoir regardait passer le cortège d’un regard désapprobateur en tenant un panneau sur lequel elle avait écrit « Vous n’avez pas honte ? ». Ce message s’adressait à nous, familles qui défilions pour défendre le mariage. J’ai encore en mémoire son visage et sa pancarte. Il était évident qu’elle était sincère, qu’elle était réellement choquée par nos défilés et qu’elle ne comprenait vraiment pas comment nous pouvions manifester « pour empêcher des gens qui s’aiment de se marier »

Cette confrontation est entrée sur la place publique en France depuis les mal nommées Lumières. Pourtant, rapidement, les élites ont souhaité réinventer une nation… C’est Louis-Philippe, en créant à Versailles une grande galerie mettant en valeur toutes les gloires françaises, royales, impériales et républicaines unies dans un même lieu, qui posa le premier un signe d’union nationale post-révolutionnaire. Puis, à l’époque où les républicains avaient beaucoup plus que les deux neurones qu’ils nous prient maintenant de leur accorder, on inventa un roman national pour unir « quand même » ces deux France irréconciliables. Et ça marchait plutôt bien ! Le concept « Nos ancêtres les Gaulois » vient de cette époque. Et c’est aussi sous cette Troisième République que furent publiés les plus beaux ouvrages d’histoire qui racontaient la geste du royaume de France, de Saint Louis et de Jeanne d’Arc. (Souvenez-vous des « prix » à couvertures en chagrin rouge…) Grâce à ces « tours de magie », on oubliait nos différences philosophiques, ontologiques, religieuses, pour se retrouver, ensemble, derrière l’idée de nation.

Mais arriva l’affaire Dreyfus, le Front populaire et la guerre de 1939-45, avec les dégâts que l’on sait. Les deux France sont de nouveau face à face, tant dans les manifs pour l’école libre que dans la lutte contre les déviances modernes – théorie du genre, avortement légalisé et mariage ridiculisé.

Le recul du gouvernement espagnol sur l’avortement va donc satisfaire tous ceux qui prônent « plus de liberté » et qui ne voient pas que ces pseudo-libertés les enchaînent, les emprisonnent et les détruisent à petit feu. Eux et moi, nous sommes irréconciliables.

Source

Commenter cet article