Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Thomas JOLY

Djihadistes : d’ordinaires Occidentaux en panne d’intégration… (par Pierre Mylestin)

11 Septembre 2014, 09:05am

Publié par Thomas Joly

Sans vouloir heurter les âmes sensibles, c’est probablement la tête qui a fait déborder le vase. Celle de James Foley n’ayant pas assez ému l’Oncle Sam, c’est bien celle de Steven Sotloff deux semaines plus tard, américaine également, qui fit envisager — par la bouche du successeur de Bush, le démocrate Barack Hussein Obama — la formation d’une coalition contre l’État islamique en Irak et en Syrie, version mondialisante de la religion d’amour, de tolérance et de paix – le califat islamique, pour les intimes du pléonasme.

Cette coalition polygame en gestation regrouperait — à l’exception de l’Iran perse chiite — quelques pays du golfe Persique sunnite, et plus particulièrement certaines monarchies pétrolières qui assureront notamment le financement de l’opération (Arabie saoudite en tête), les rebelles syriens « modérés » opposés au Syrien Assad — je suppute que ceux-là, en guise d’« islamisme modéré », désinfectent leur sabre avant de décapiter leur prochaine victime —, ainsi que leurs amis, la France — cela va de soi —, les alliés de l’OTAN et quelques autres partenaires encore à préciser.

Cette initiative, bien que tardive – « faute de stratégie » – est évidemment louable. On se souvient de l’émoi suscité en son temps par l’ancien secrétaire d’État américain Colin Powell qui, lors de son mémorable discours à l’ONU, remuait sous les yeux des représentants des gouvernements crédules, une fiole contenant ce qui ressemblait à du savon de Marseille en poudre, afin d’inciter le monde libre à sévir contre les armes de destruction massive d’un autre Hussein, Saddam de son prénom. La France arrivait encore en ces temps-là à sauvegarder son honneur pour des raisons profondes que seule l’Histoire divulguera.

Sauf que, actuellement, la tête décapitée remuée à l’attention du regard de ce monde qui se croit toujours libre et offerte religieusement en spectacle par l’adepte de la religion d’amour est bel et bien réelle. L’arme de destruction massive – l’islam – au nom de laquelle ce même dévot brandit pieusement cette tête décapitée, parmi tant d’autres, toujours devant les yeux embués du monde médusé, l’est également. Indubitablement.

En 2007, Obama, en pleine campagne présidentielle, estimait que les efforts américains pour stabiliser l’Irak étaient un échec complet. Une fois investi, il déclarait lors du retrait des troupes américaines du sol irakien avoir « réussi dans la stratégie des États-Unis pour mettre fin à la guerre », et de rajouter lyriquement que « la marée de la guerre se retire » et que « nous avons de nouveau le leadership américain dans le monde ». C’est comme si l’Oncle Sam se vantait d’être redevenu calife avant le califat. Malheureusement, au vu des résultants concluants de pacification et de démocratisation de cette région du monde, il est bien dommage que notre allié transatlantique obligé n’inclue pas dans son club très éclectique des flics et juges de la planète, la Russie de Poutine qui, forte de son expérience en Tchétchénie, poursuivait, en son temps, avec succès, les « séparatistes islamistes jusque dans les chiottes ».

Étonnamment, la menace de l’État islamique est d’autant plus pressante que les pays occidentaux participant à cette coalition s’activeraient non seulement à endiguer sur leur sol l’importation d’actes djihadistes, mais également – comble de l’antinomie historique – l’exportation des combattants étrangers vers les zones de conflit. Par étrangers, comprenez bien Français, Belges, Allemands, Britanniques, Américains, Danois, Néerlandais… Brefs, d’ordinaires Occidentaux en panne d’intégration gavés au sirupeux biberon de la stigmatisation… Dingue ! Avant, on faisait tout pour empêcher les terroristes de venir chez nous, maintenant, nous vivons à une époque où l’on fait tout pour empêcher les djihadistes de quitter le terroir.

En République heureuse, 15 % des citoyens soutiennent l’État islamique ; faites le calcul et comparez avec les effectifs de notre armée exsangue…

Source

Commenter cet article