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Le blog politique de Thomas JOLY

Mossoul : pour qui sonne le glas… (par Dominique Jamet)

12 Juin 2014, 07:17am

Publié par Thomas Joly

En s’emparant de Mossoul, deuxième ville d’Irak (deux millions d’habitants), ainsi que de la province de Ninive, avec ses énormes gisements pétrolifères, d’où ils ont chassé sans difficulté une armée gouvernementale bien équipée mais peu motivée, les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant viennent de remporter une victoire spectaculaire dont nous risquons, hélas, de comprendre un jour prochain l’importance. L’organisation intégristo-terroriste, qui contrôle désormais en continuité la moitié du territoire irakien et près de la moitié de la Syrie, récolte ainsi les fruits de la politique irréfléchie, imprudente, inconstante, voire insensée de l’Occident.

Lorsque les États-Unis, en 2001, à la suite de l’attentat du World Trade Center, ont pris la tête d’une coalition internationale en Afghanistan, leur but de guerre était d’abord de retrouver et de châtier les responsables de ce crime, à commencer par Oussama ben Laden, mais également renverser le gouvernement des talibans qui les abritait et d’empêcher le pays de devenir le sanctuaire du terrorisme vert. D’ici à quelques mois, les derniers contingents américains évacueront l’Afghanistan sans avoir terminé le travail commencé et il est permis de redouter que les talibans, aussi puissants et plus vindicatifs qu’hier, reviennent sur leurs traces et se réinstallent à Kaboul.

Lorsqu’en 2003 les États-Unis ont monté, sur des bases mensongères, la grande opération qui devait aboutir à la chute et à l’élimination de Saddam Hussein et du régime baassiste, ils n’avaient pas prévu qu’à l’impitoyable dictature du « maître de Bagdad » succéderaient dans un premier temps le chaos, dans un deuxième l’insurrection sunnite. Lorsqu’en 2011, pour des raisons et dans des conditions qui, avec le recul, ne semblent pas claires comme de l’eau de roche, Paris et Londres ont estimé urgent d’abattre Kadhafi – dictateur fou mais dictateur dont nous mesurons rétrospectivement l’utilité –, ils n’avaient pas imaginé que, trois ans plus tard, la Libye, mise en coupe réglée par des bandes incontrôlables, deviendrait la base arrière du terrorisme en Afrique du Nord. Lire la suite

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